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Burn-out soignant en EHPAD : chiffres et réalités de terrain 2024-2025

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Burn-out soignant en EHPAD : chiffres et réalités de terrain 2024-2025

L'art du prendre soin
Publié par Gérontosud Humanisud dans Ressources & Études · Mardi 05 Mai 2026 · Temps de lecture 5:30
Tags: BurnoutSoignantenEHPADChiffresetRéalitésdeTerrain20242025|GérontosudHumanisud
Il y a des chiffres qui ne mentent pas. Et derrière eux, il y a des visages. Celui de l'aide-soignante qui enchaîne sa troisième nuit consécutive parce que deux collègues sont absents. Celui de l'infirmière coordinatrice qui rentre chez elle en pleurant, sans trop savoir pourquoi. Celui du soignant qui aime sincèrement son métier mais qui sent, chaque matin, qu'il n'en a plus la force.
Le burn-out en EHPAD n'est pas un phénomène nouveau. Mais en 2024-2025, les données confirment ce que le terrain ressent depuis des années : la situation est structurelle, profonde, et ne se résoudra pas sans une prise de conscience collective.

Les chiffres : ce que disent les données récentes
Selon une étude publiée dans The Lancet Public Health, plus de 30 % des soignants français présentent des signes de burn-out professionnel. Chez les infirmiers, ce chiffre monte jusqu'à 42 %, et jusqu'à 48 % chez les aides-soignants en EHPAD.
Ces chiffres se traduisent directement dans le fonctionnement des établissements. Selon les données CNSA 2023, le taux d'absentéisme dans les EHPAD est de 11,4 % — un chiffre qui peut atteindre 16 % dans certaines régions selon la période. Le taux de rotation, qui n'avait cessé d'augmenter d'environ 19 % en 2018 à 24,8 % en 2022, connaît une légère inflexion en 2023 à 24,4 %. Autonomie revueSénat
Côté recrutement, 92 % des établissements du secteur personnes âgées déclaraient rencontrer des difficultés importantes de recrutement, avec un taux de postes vacants de 4,4 % soit environ 6 000 postes non pourvus. CNSA
Les conséquences sont directes pour les résidents : 58 % des EHPAD ont dû suspendre ou réduire leurs activités collectives, faute de personnel suffisant. CNSA

Les causes : ce que les soignants vivent au quotidien
Les chiffres racontent une réalité que les soignants portent dans leur corps. Plusieurs facteurs se cumulent et s'alimentent mutuellement.
La surcharge physique et émotionnelle
En EHPAD, chaque journée confronte les soignants à la dépendance, à la démence, à la douleur, à la mort. Cette charge émotionnelle est considérable — et souvent invisible. Elle ne figure sur aucun planning, n'est reconnue par aucune prime. Elle s'accumule, semaine après semaine, jusqu'à ce que le corps et l'esprit n'en puissent plus.
Le manque de personnel — un cercle vicieux
L'absentéisme génère de la surcharge, qui génère à son tour de l'absentéisme. La sinistralité apparaît corrélée au manque de personnel — améliorer le taux d'encadrement permettrait de diminuer d'un tiers le taux d'absentéisme lié aux accidents de travail et maladies professionnelles en EHPAD. Un cercle vicieux que les établissements peinent à rompre faute de marges de manœuvre financières. Sénat
Le poids des contraintes institutionnelles
Au manque de personnel s'ajoute une pression administrative et réglementaire croissante. Évaluations HAS, contrats de performance avec les ARS, indicateurs à renseigner, transmissions à jour — autant d'exigences qui empiètent sur le temps de soin et nourrissent le sentiment de ne jamais faire suffisamment bien.
Le manque de reconnaissance
C'est peut-être ce qui blesse le plus. Des soignants qui donnent énormément, qui font des choix de vie importants — horaires décalés, nuits, week-ends, fêtes — et qui se sentent invisibles. Ni reconnus par leur hiérarchie, ni par la société.

Ce que cela coûte — à tous
Le burn-out soignant n'est pas seulement une tragédie humaine. C'est aussi un problème de santé publique et un gouffre économique.
Un soignant épuisé fait plus d'erreurs. Il est moins présent, moins disponible, moins bienveillant — non par manque d'envie, mais par manque de ressources intérieures. La qualité de l'accompagnement des résidents en pâtit directement.
Le coût de l'absentéisme et du turn-over pour les établissements est considérable : recours massif à l'intérim, formation permanente de nouveaux entrants, perte de mémoire institutionnelle, dégradation du climat d'équipe. Un cercle qui s'auto-alimente.

Ce qu'on peut faire — concrètement
Il n'existe pas de solution miracle. Mais il existe des leviers, à tous les niveaux.
Au niveau institutionnel Mettre en place une vraie politique de prévention des RPS — pas un document qui dort dans un tiroir, mais une démarche vivante, portée par la direction. Intégrer des temps de régulation, des groupes de parole, des analyses de pratiques. Donner aux équipes les moyens de parler de ce qu'elles vivent.
Au niveau de l'encadrement Reconnaître. Ce mot simple que les soignants attendent. Dire merci. Nommer ce qui est difficile. Créer des espaces où l'on peut être vulnérable sans craindre d'être jugé. Un cadre de proximité qui sait écouter change profondément le vécu d'une équipe.
Au niveau individuel Donner aux soignants des outils concrets de gestion du stress — utilisables dans leur journée, entre deux résidents, sans avoir besoin de s'isoler. La cohérence cardiaque, la respiration, l'EFT, les techniques de relaxation express : ces outils existent, ils sont efficaces, ils s'apprennent.
Par la formation Investir dans la formation des équipes — pas seulement sur les compétences techniques, mais sur le savoir-être, la posture, la gestion émotionnelle. Un soignant qui comprend ses propres mécanismes de stress est mieux armé pour y faire face.

Ce que nous observons sur le terrain
Chez Gérontosud Humanisud, nous accompagnons depuis plus de 22 ans les équipes des établissements médico-sociaux. Ce que nous voyons chaque année se confirme : les établissements qui investissent dans la formation à la prévention du stress et dans l'analyse des pratiques professionnelles constatent une amélioration du climat d'équipe, une réduction de l'absentéisme et une meilleure qualité d'accompagnement des résidents.
Ce n'est pas une promesse marketing. C'est ce que les formateurs nous rapportent, et ce que les directeurs qui nous font confiance observent dans leurs établissements.
Le burn-out soignant en EHPAD est une réalité grave. Mais ce n'est pas une fatalité.

Gérontosud Humanisud propose plusieurs formations pour prévenir l'épuisement professionnel et renforcer la résilience des équipes soignantes.


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